Mise à jour le 5 juin 2009


08 mai 2005, tract

RÉFÉRENDUM



CONTRE le traité constitutionnel de Chirac, de Berlusconi et de leurs semblables,
CONTRE Chirac, son référendum et son gouvernement :
POUR une Europe des travailleurs et de la jeunesse,
POUR chasser Chirac immédiatement, et immédiatement imposer un gouvernement des organisations ouvrières


Front unique pour le NON le 29 mai !

De même que les enseignants, les lycéens se sont mobilisés pour le retrait de la loi Fillon qui remet en cause le caractère national de l’enseignement et des diplômes. Les dirigeants des syndicats enseignants ont refusé d’organiser, dans l’unité, la grève et la manifestation centrale avec les lycéens quand il était encore temps. Fillon a donc pu faire voter cette loi par la majorité de députés UMP-UDF. Et aujourd’hui, Fillon mène campagne pour le vote Oui au traité constitutionnel.

Le gouvernement de Chirac envoie les CRS contre les lycéens et conduit devant les tribunaux des dizaines de lycéens (de même avait-il protégé les « cogneurs » qui agressaient les manifestations lycéennes) ; et Chirac défend un traité qui préserve soigneusement tous les corps répressifs de l’État.

Les jeunes chercheurs se mobilisent pour le retrait du projet de loi d’orientation et de programmation de la Recherche et de l’innovation (LOPRI). Mais depuis des mois, les dirigeants syndicaux, « négociant » avec le gouvernement, refusent d’exiger le retrait du projet de réforme du gouvernement. Ceci permet au gouvernement de mettre en œuvre sa « réforme » - création d’une Agence (l’ANR), restructuration du CNRS - afin d’ assujettir les chercheurs et la Recherche aux intérêts des capitalistes… Et en même temps, Chirac, Fillon et les députés UMP-UDF font campagne pour le Oui au référendum parce que c’est, au niveau européen, la même politique au service des capitalistes.

Le gouvernement fait l’éloge d’un traité qui interdit en pratique toute législation sociale en Europe et, en France, il organise lui-même le chômage et la misère à tous les niveaux : EDF, depuis 2 ans utilise des sous-traitants portugais dont les salariés, payés 30% moins chers, travaillent davantage. Le patron d’EDF, Thierry Breton, est depuis peu ministre de Chirac… et Chirac fait semblant de protester contre la directive Bolkestein qui ressortira après le 29 mai! De même, le gouvernement de Chirac développe les emplois précaires, diminue le nombre des fonctionnaires, s’attaque à leur statut, accroît la précarité des chercheurs, privatise EDF après la Poste… et il voudrait faire ratifier ce traité.

Chirac, Berlusconi et compagnie se sont mis d’accord entre eux pour écrire ce traité : ils ont désigné leurs experts pour mettre au point le texte, puis l’ont signé. Et il faudrait approuver ?
Un traité au service des monopoles capitalistes.

Ce texte sert les intérêts des monopoles capitalistes en Europe. Il se dresse contre les acquis sociaux, contre les droits arrachés par les mobilisations, et en plus, Chirac voudrait que la jeunesse et les travailleurs plébiscitent sa politique et approuvent la ratification de ce traité qui permettra de liquider l’école, les hôpitaux et les transports publics au nom de « la concurrence libre et non faussée » (l’article 1-4 fait de cette concurrence « libre et non faussée » un objectif majeur)

1. Un texte qui interdira toute législation sociale protectrice (parce qu’il faudra toujours l’unanimité sur ces questions. Mais la nouvelle directive sur le temps de travail prévoit une semaine de travail maximum de 48 heures…ceci en moyenne calculée sur un an !)

2. Un texte qui impose la reconnaissance des Églises (art.1-52-3) et de leur rôle, notamment dans l’enseignement (art. 2-70 et 74) où jouera également la concurrence « libre et non faussée ».

3. Un texte qui reconnaît le « droit à la vie » (sauf en cas d' émeutes…cf article sur site de Révoltes)

4. Un texte qui invente le « droit au mariage » - institution qui existe dans les sociétés les plus arriérées - mais qui ne reconnaît pas le droit au divorce, ni le droit à la contraception, ni le droit à l’avortement.

5. Un texte qui reconnaît le « droit de travailler »… ou le droit de chercher du travail, mais ne reconnaît pas le « droit au travail », ce qui est pourtant fondamental.

Pourquoi Chirac a choisi le référendum ?

Chirac pouvait, sans risque faire ratifier son traité par le Parlement où l’UMP et l’UDF sont majoritaires. Mais après avoir subi deux lourdes défaites électorales en mars et juin 2004, il a choisi le référendum, instrument traditionnel de la Vème République gaulliste, pour tenter de se faire plébisciter. Il comptait sur le soutien du Parti socialiste et il souhaitait diviser PS et PCF avec un simple calcul : si le PS et le PCF se déchirent, il ne peut y avoir de gouvernement alternatif.

En mars 2004, les résultats électoraux imposaient que le PS et le PCF appellent au départ immédiat de Chirac et se portent candidats au pouvoir. Si tel avait été le cas, Chirac n’aurait même pas pu tenter sa manœuvre. Mais à l’inverse, faute de parti révolutionnaire impulsant la mobilisation pour chasser Chirac, le PS et le PCF ont demandé à Chirac d’organiser un référendum. Ce faisant, ils lui redonnaient une légitimité. Le 14 juillet 2004, Chirac pouvait donc annoncer le référendum. Hollande se prononçait pour le « oui », tandis que Buffet s’était ralliée au « non » en mars 2004. Cette division entre les organisations ouvrières vise à laisser Chirac en place jusqu’en 2007 au moins.

Une résistance imprévue.

Ce qui n’était pas prévu, c’était la résistance profonde des travailleurs et de la jeunesse à la politique de Chirac et à son gouvernement. Ce qui n’était pas prévu, ce sont les grèves et manifestations d’enseignants, de fonctionnaires, de travailleurs en janvier, février, mars et l’importante mobilisation des lycéens pour le retrait de la loi Fillon. Cette mobilisation s’est répercutée dans les syndicats. Elle a nourri une résistance profonde à l’intérieur du Parti socialiste. Aujourd’hui, Chirac, le gouvernement et les défenseurs du « oui » s’inquiètent d’une possible défaite.

Rien n’est gagné : il faut, jusqu’au bout, combattre pour le Front unique contre Chirac et son gouvernement, contre son référendum et le traité constitutionnel.

Assez de mensonges, assez de soutien à Chirac !

Il est faux d’affirmer que le traité constitutionnel serait une « constitution ». Une véritable constitution définit l’organisation politique d’un État: or un État - y compris un État fédéral -implique l’existence d’ un appareil d’État unique, d’une seule armée, d’une police unique. Dans l’Union européenne, rien de tel. Au contraire, les différents États, les différentes armées sont soigneusement préservés. Il ne peut donc y avoir de gouvernement commun, de diplomatie commune, etc… Avec le traité comme avant, l’armée anglaise continuera d’occuper l’Irak avec l’armée américaine, tandis que l’armée française restera en Côte d'Ivoire pour y préserver les intérêts de l’impérialisme français : chaque gouvernement bourgeois continuera à agir indépendamment de l’UE, en défense de sa propre bourgeoisie.

Il est faux d’affirmer que ce traité irait vers l’unification de l’Europe. Plus l’Union s’élargit, plus elle est divisée. Ainsi l’euro, utilisé dans douze pays, est refusé par trois autres ; et les dix derniers adhérents ne peuvent l’utiliser (certains n’y arriveront sans doute jamais). Ce traité maintient la division de l’Europe et interdit toute unification. Les prérogatives des États demeurent : les questions militaires et diplomatiques ne peuvent être décidées qu’à l’unanimité. Et le traité empêche même un groupe de pays restreint d’avancer vers l’unification parce qu’en préalable, il faut l’accord de tous les autres. Les capitalismes, les bourgeoisies, sont indissociables des États dans lesquels ils sont nés. Et ce sont les grands impérialismes (France, Royaume-Uni, …) qui ont organisé la division de l’Europe.

La seule véritable Europe possible : une Europe sans États bourgeois

C'est-à-dire une Europe où le capitalisme a été exproprié, une fédération des États socialistes d'Europe. Trotsky expliquait déjà en 1940: « l’unification économique pour l’Europe est une question de vie ou de mort. L’accomplissement de cette tâche appartient toutefois non aux gouvernements actuels mais aux masses populaires conduites par le prolétariat ». Aujourd’hui, l’Europe n’est pas unifiée, le chômage se développe et l’Union européenne ne sert qu’aux monopoles pour accroître leur emprise. Pour unifier l’Europe, il faudra d’abord détruire ces États bourgeois. Seuls les travailleurs et la jeunesse le peuvent en constituant de véritables gouvernements ouvriers. À l’étape actuelle, la première tache est de mettre en échec le référendum et le Traité en agissant pour la victoire du « non », ce qui serait un point d’appui pour tous les travailleurs en Europe : combattre pour la réalisation du Front unique contre Chirac, préparer la mobilisation pour le chasser et imposer aux vieilles organisations ouvrières (PS et PCF, avec ou sans leurs dirigeants actuels), qu’ils se portent candidats au pouvoir, dans l’unité, sans attendre 2007. La mobilisation des travailleurs et de la jeunesse, par d’immenses manifestations peut le leur imposer, comme elle peut imposer le départ de Chirac.


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