Mise à jour le 5 juin 2009


07 mai 2006, communiqué

Situation Politique Intérieure



C'est le chef du «trio infernal» qui doit être chassé !



L'affaire Clearstream qui réapparaît au lendemain de la défaite de Chirac sur la question du CPE se traduit par une violente crise gouvernementale : Chirac, Villepin et Sarkozy se déchirent ; les «coups tordus», l'utilisation des «services spéciaux» et de l'appareil d'état pour régler les comptes entre les différentes fractions du gouvernement, révèlent la putréfaction de cette soi-disant «majorité» et la profondeur de la crise de la Vème République.

Cette affaire n'est pas nouvelle. Si elle resurgit maintenait, c'est en relation avec la défaite subie par Chirac et son gouvernement : ceux-ci ont été contraints, par la mobilisation exceptionnelle de la jeunesse et des travailleurs, à renoncer au Contrat première embauche. Chirac et son gouvernement sont néanmoins restés en place. Les dirigeants du PS, du PCF, des syndicats, ont refusé d'exiger leur départ immédiat.

Mais la crise s'est poursuivie dans un gouvernement «sonné» par sa défaite. L'affaire Cleastream a alors rebondit. Toutes les révélations confirment la justesse du slogan lancé dans les manifestations de février, mars et avril :

«Chirac, Villepin, Sarkozy, même racaille ! Une seule solution : qu'ils s'en aillent» !

C'est au vu des révélations faites par Le Monde que François Hollande, au nom du PS, a alors demandé, le 3 mai, «la démission» du gouvernement. «Je ne veux pas seulement viser Dominique de Villepin. Ce gouvernement ne peut plus durer, il ne peut plus continuer. C'est tout le trio infernal» a précisé Hollande « qui est discrédité». Mieux vaut tard que jamais, pourrait-on penser. Mais qui sont les membres du trio infernal dont le PS demande le départ ?S'agit-il de ceux dont les manifestants exigeaient «qu'ils s'en aillent», c'est-à-dire de Chirac, Villepin et Sarkozy ?

La réponse, hélas, n'est vraiment pas la même que celle des manifestants. On trouve bien Villepin et Sarkozy dans ce que Hollande appelle «le trio infernal», mais il manque le principal, Chirac, celui-là même qui a nommé Villepin et Sarkozy ! Plutôt que de mettre en cause Chirac, le premier secrétaire préfère viser Alliot-Marie, qui n'est qu'un «second couteau». Mais comment peut-on ne pas exiger d'abord le départ immédiat de Chirac ?

Emmanuelli aurait fait remarquer qu'il ne faut pas demander de nouvelles élections législatives, car il s'en suivrait une cohabitation entre une majorité parlementaire PS et PCF et Chirac qui resterait président : « Ce serait de la folie. Au bout d'un an de cohabitation, on serait morts».

Si Emmanuelli redoute effectivement d'être «mort» au bout d'un an de cohabitation avec Chirac, le plus simple pour empêcher la cohabitation n'est-il pas alors d'exiger le départ immédiat de Chirac ? Et Henri Emmanuelli a-t-il oublié qu'avant le référendum du 29 avril 2005, (et alors que, à la différence de François Hollande, il se prononçait pour le NON), il avait déclaré que «Monsieur Chirac» devrait s'en aller s'il était battu.

En réalité, si Hollande demande le départ de Villepin, Sarkozy et Alliot-Marie, c'est pour protéger Chirac : ces fusibles doivent sauter pour protéger Chirac et, au-delà, la Cinquième République. Et c'est à Chirac qu'il demande de nommer un nouveau premier ministre : car, dit-il, «Ce n'est pas au PS d'interrompre le calendrier».

Et l'on doit constater que Hollande et Emmanuelli ne sont pas seuls à vouloir que Chirac reste jusqu'en 2007 : ni Fabius, ni MG Buffet pour le PCF, ni LO ni le PT ni la LCR (qui ne veut le départ que du seul gouvernement) ne demandent que Chirac parte immédiatement. Au contraire, le PS et le PCF demandent à Chirac de choisir un autre gouvernement. On doit ainsi constater que tous ceux qui font des phrases contre la Vème République et prétendent en finir avec cette constitution réactionnaire agissent en pratique pour la préserver.

Mais ce que veut la jeunesse, ce que veulent les travailleurs, c'est en finir non seulement avec Villepin et Sarkozy, mais en finir avec Chirac et le régime réactionnaire et corrompu de la Vème République, ce régime qui organise la misère et assure la défense du capitalisme. Plus que jamais s'avère exact le slogan des manifestants de février-avril 2006 :

«Chirac, Villepin, Sarkozy, même racaille ! Une seule solution : qu'ils s'en aillent» !

Cette «solution», la jeunesse et les travailleurs chercheront à l'imposer par la mobilisation, en s'organisant pour leurs revendications, en agissant pour que les organisations de la jeunesse et des travailleurs (partis et syndicats) réalisent le front unique contre Chirac et la Vème République, en construisant l'organisation révolutionnaire de la jeunesse.

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