Mise à jour le 5 juin 2009


15 novembre 2006, communiqué

Mexique



SOLIDARITÉ AVEC LA JEUNESSE ET LES TRAVAILLEURS D'OAXACA,
«Ciudad de le rebeldia»!

SOLIDARITÉ AVEC LA « COMMUNE » D'OAXACA CONTRE L'INTERVENTION
DE LA POLICE MEXICAINE !



Durant cinq mois, la grève générale des instituteurs de l'état d'Oaxaca, au Mexique, a été le fer de lance de la mobilisation de toute la jeunesse, de toute la population laborieuse contre la politique de la bourgeoisie au pouvoir, pour la destitution de Ruiz, gouverneur de cet « état » du sud du Mexique. Les 70 000 instituteurs, avec leur syndicat (le SNTE), ont engagé le combat en mai pour que soient augmentés des salaires de misère Le 14 Juin, le gouverneur Ruiz, membre du PRI (parti bourgeois) envoie sa police contre les enseignants qui, par milliers occupent le centre d' Oaxaca.

La population, spontanément, intervient alors en défense des enseignants, et prend le contrôle de la ville. Le gouverneur s'enfuit de la ville.

Une Assemblée Populaire des Peuples d'Oaxaca (APPO) est constituée, qui regroupe plus de 300 organisations populaires de nature diverse, pour l'essentiel ouvrières et de la jeunesse. Elle exige la destitution du gouverneur. Une situation de double pouvoir s'instaure ; les principaux édifices publics passent sous le contrôle de l'APPO ; pour mettre fin aux attaques des barbouzes commandités par le gouverneur, qui occasionnent des dizaines de morts et de disparus, les barricades se multiplient, la ville est totalement contrôlée par des milices populaires Par nombre d'aspects, cette insurrection, l'organisation du contrôle de la ville, renoue avec la Commune de Paris, avec les soviets de 1905, avec la révolution mexicaine de 1917. Dans tout l'Etat, se développe un processus analogue.

Durant plusieurs mois, le gouvernement fédéral de Vicente Fox, a joué le pourrissement, laissant au gouverneur local le soin d'épuiser et briser la mobilisation. Mais la ténacité exceptionnelle de cette mobilisation, la menace d' extension à d'autres régions du Mexique, l'approche du moment où Vicente laissera la place à son successeur bourgeois mal élu durant l'été, la contestation de cette élection par L.Obrador, candidat bourgeois populiste, a conduit le gouvernement central à intervenir directement.

Le 29 octobre, des milliers de policiers fédéraux appuyés par l'armée investissent la ville et en occupent le centre. Conjointement des dirigeants syndicaux poussent les enseignants à cesser la grève, se dressant contre les instituteurs qui continuent d'exiger la destitution du gouverneur.

Mais pour le gouvernement bourgeois et ses défenseurs, rien n'est réglé. Certes, la jeunesse et les travailleurs d'Oaxaca sont confrontés à d'immenses obstacles politiques : l'absence de parti révolutionnaire, leur isolement partiel, l'inexistence d'une puissante mobilisation nationale organisée en assemblées populaires et assemblée nationale centralisant ce combat, les tentatives d'instrumentaliser cette mobilisation par le populiste bourgeois Obrador, le fait qu'aucune organisation ne pose la question du pouvoir à l'échelle du Mexique tout entier...mais la misère croissante, la volonté de la population mexicaine de rejeter la mainmise croissante de l'impérialisme américain sur les travailleurs et les richesses du Mexique, poussent à poursuivre le combat.

L'APPO conserve le contrôle d'une partie de la ville et de l'Université, nombre de communes de la région. Après trois jours et trois nuits de débats regroupant 1700 ouvriers, paysans et étudiants, l'APPO vient de se transformer en organisme permanent dirigé par un collège de 260 délégués. Quelques soient les difficultés, quelques soient les développements ultérieurs, la solidarité s'impose avec la jeunesse et les travailleurs d'Oaxaca, de tout le Mexique, en premier lieu pour exiger : Assez de répression ! Retrait des forces armées d'Oaxaca : «Oaxaca n'est pas une caserne» ! Dehors le gouverneur Ruiz !

C'est sur cette orientation que, en France, les organisations de la jeunesse et celles des travailleurs, partis et syndicats, ont la responsabilité d'appeler à une manifestation à l'ambassade du Mexique.

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