Mise à jour le 5 juin 2009


17 mars 2008, communiqué
communiqué disponible en pdf

Élections



Municipales et cantonales 2008
LA DOUBLE DÉFAITE DES PARTIS ET CANDIDATS DE LA BOURGEOISIE :
défaite de Sarkozy et de l'UMP,
défaite de Bayrou et du Modem


Les résultats sont sans appel : aux élections municipales, dans de nombreuses villes, et souvent des villes importantes, les maires sortants soutenus par Sarkozy et l'UMP sont battus au profit de listes dirigées par le PS ou par le PCF tandis que bien rares sont les villes reprises par l'UMP. Ainsi, outre Paris et Lyon, Nantes et Lille, Clermont, Montpellier, Dijon, etc…qui restent dirigées par des maires membres du PS, de nouvelles villes sont gagnées par des maires du PS ou du PCF. C'est le cas de Rouen, Strasbourg, Toulouse, Saint Etienne, Caen, Amiens, ….

Ces résultats traduisent un rejet manifeste de la politique de Sarkozy et de son gouvernement, et constituent une défaite politique pour Sarkozy.

Ils sont aussi une défaite pour le Modem, autre parti bourgeois : Bayrou est battu à Pau, et le Modem réalise des scores très faibles, perdant plusieurs des villes qu'il dirigeait ; Ce vote indique que pour les électeurs, le « Centre » n'existe pas, et que le Modem est un simple parti bourgeois.

Ces résultats sont encore plus nets aux élections cantonales, où les appartenances politiques des candidats sont clairement identifiées alors que sur les listes municipales conduites par le PS ou le PCF figurent des groupes divers, souvent bourgeois comme le Parti radical « de gauche ».

Pourtant, il n'y a pas eu de raz de marée électoral en faveur des listes dirigées par le PS ou le PCF. L'abstention fut particulièrement forte, en particulier dans les villes ouvrières et les quartiers populaires. Mais les travailleurs et la jeunesse qui sont allés votés ont clairement votés contre les partis et candidats liés à Sarkozy. En outre, une grande partie de l'électorat qui avait voté Sarkozy en avril - mai 2007 a, à l'évidence, retiré son soutien à Sarkozy.

La défaite claire du Modem a en outre une grande importance au sein du PS : c'est une défaite pour tous ceux qui voulaient généraliser les alliances avec le Modem, et faisaient de ces municipales un tremplin pour une alliance ultérieure, au niveau gouvernemental, entre le PS et le Modem. Précisons : dès le premier tour, des candidats du Modem se sont retrouvés sur des listes dites « de gauche » au côté de candidats du PCF, de Verts, de Radicaux, etc…Mais ce dont rêvait Royal et une partie des dirigeants du PS, ce n'était pas un simple élargissement des alliances antérieures, c'est un bouleversement de ces alliances : en finir avec les accords entre PS et PCF pour y substituer des alliances entre PS et MODEM ; Tel était le sens de la déclaration de Royal au soir du premier tour, pour qui « Bien sûr, il faut faire partout des alliances avec le Modem » , cette « position très claire » concrétisant son refus d'une politique « bloc contre bloc ». L'échec du Modem et de Bayrou, de même que la résistance imprévue du PCF, et le score significatif des « petites listes «  (LO et LCR) compromettent ce projet.

De ceci, on doit se féliciter : car la politique d'alliance avec le Modem - de même que le soutien à la politique de Sarkozy - ne pourrait mener qu'à la destruction du PS au profit de la bourgeoisie, rendant impossible la formulation d'une alternative immédiate à ce gouvernement.

Il faut également dire que si les abstentions ont été nombreuses y compris parmi les électeurs du PS, c'est parce que la politique générale du PS, de même que les alliances locales avec du PS (et parfois du PCF) avec le Modem sont un véritable repoussoir. Ainsi, à Lyon, le maire Gérard Colomb, membre du PS fut assuré d'être réélu dès le premier tour, mais il y eut à Lyon une abstention de plus de 45%, supérieure à 50% dans les quartiers populaires ; cette abstention a d'abord touché les électeurs qui avaient voté Sarkozy en 2007 mais elle a aussi touché une partie de l'électorat du PS et du PCF (ainsi que de LO et de la LCR). Ceci doit être mis en relation avec le fait que ni le sigle du PS ni celui du PCF ne figuraient sur les tracts, affiches et bulletins de vote de la liste conduite par Colomb et avec le fait que cette liste incluait 8 représentants du Modem. Le même phénomène s'est constaté dans nombre d'autres villes importantes.

L'échec du Modem, c'est donc l'échec des liquidateurs du PS, de ceux qui rêvaient de gouverner avec un Bayrou comme premier ministre ; Mais cela ne règle pas pour autant la question de l'alternative gouvernementale à opposer à Sarkozy. Un ministre a d'ailleurs tenté de minorer la défaite du gouvernement en affirmant que le PS n'avait pas d'alternative à proposer.

Nous disons : ces élections permettent d'en formuler une. L'issue immédiate au niveau gouvernemental ne peut en aucun cas être une alliance du PS avec le Modem mais, à l'inverse, une alliance avec le PCF, et sans partis bourgeois. Tout le monde a d'ailleurs pu constater la très grande « discipline » des reports de vote au second tour de la part des électeurs du PS, du PCF, de LO et de la LCR.

Dans l'immédiat, ces résultats constituent un point d'appui pour la mobilisation contre la politique de Sarkozy, pour en finir avec cette politique et ce gouvernement. Ce qui exige d'imposer que les dirigeants du PS et du PCF reprennent à leur compte les revendications des travailleurs et de la jeunesse, cessent toute forme de soutien à la politique de Sarkozy et réalisent l'unité contre ce gouvernement. Ce gouvernement est nettement minoritaire. Il doit, et il peut, être défait par la mobilisation.




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